bisexualité

Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /Nov /2009 11:06

Voilà des années qu’il n’a pas enfilé un préservatif. Il se trompe de côté, le jette, en reprend un autre, le déroule et ne sait plus quoi faire. Le désir est là, tendu, rigide, les mains d’Axel, la voix d’Anne, cette situation folle et récréative, peu importe alors les rôles et la norme, Pierre entrevoit les rives d’une sexualité épanouie.

Axel l’enjambe, Anne aux commandes, il s’empale sur le sexe de Pierre, sensation délicieuse, à peine a t-il une pensée pour Marie qui refuse systématiquement la sodomie. Il prend le sexe d’Axel dans sa main, le caresse pendant que son corps monte et descend lentement. Anne s’est rapprochée, sans qu’il ne s’en aperçoive, elle promène son regard sur leurs corps, titille un mamelon, offre sa bouche puis son sexe à la langue de Pierre.

A partir de là, plus de contrôle ni de repères familiers. Le trio se disloque et se recompose, figures inédites, des mains, encore des mains, une langue, puis deux et trois, des sexes qui se frôlent, se courtisent, s’entrechoquent et se confondent.

Les corps se répondent, langage ancestral, universel, question d’hormone ou rite vaudou, Pierre se fiche des causes ou des effets, il a l’impression que son être bande à l’unisson, roi Priape et sa cour d’amazones hermaphrodites, il jouit et plonge encore une fois dans ce marécage amoureux.

Plus tard, bien plus tard dans la nuit, il s’endort entre Anne et Axel, l’envers et l’endroit, positif et négatif, disons couleur sépia, cet espace jusque là inconnu, où le corps s’affranchit de ses propres limites, la raison s’efface pour laisser enfin une place à notre cerveau reptilien, désirs primitifs, instinct animal, danses tribales autour du festin de la chair.

 

Par IDA - Publié dans : bisexualité
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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /Nov /2009 10:23

Il envisage toutes les possibilités alors qu’il suit Axel dans les escaliers de son immeuble. Pierre est étrangement calme. S’attendait-il à voir son rythme cardiaque s’accélérer, son épiderme transpirer abondamment ? A dire vrai, il avait abandonné l’espoir de passer à l’acte, même si l’acte en question demeurait pour lui un mystère de plus. Comment s’y prenait-on avec un homme, y avait-il des préliminaires où l’usage voulait-il que l’un des deux saute sur l’autre sans préambule ? S’embrassait-on, se caressait-on ? Qui se faisait prendre, y avait-il un ordre hiérarchique à respecter ou tout ceci se passait-il au feeling ? A chaque marche une question ou presque. Pourtant, Pierre avait en point de mire les fesses d’Axel moulées dans son jean, et il se surprit à les admirer comme celles d’une femme.

Un verre de vin, une assiette de fromage, cette main posée sur sa cuisse et son désir qui monte graduellement, un degré de plus sur l’échelle de Richter. Axel caresse un de ses mamelons, le pince puis le mordille. Pierre devait-il considérer cela comme le début de la joute amoureuse ?

Un bruit, il entend soudainement quelque chose ou quelqu’un dans la pièce contiguë au salon. Axel déboutonne sa chemise. Il remarque sa soudaine anxiété, sourit et lance sans préambule :

-   Tu peux venir, Pierre t'as entendu !

-    Il y a quelqu'un d'autre ici ?

-   C'est Anne, ma copine !

-   Je croyais que tu étais célibataire endurcit ?

-   Endurcit, oui, mais ça ne veux pas dire que je vis comme un moine !

 

 


Anne traverse le salon et vient s’installer sur un fauteuil, juste en face d’eux. Elle ne dit rien mais son regard se pose sur leurs corps, elle sourit et sa main droite disparaît dans son entrejambe.


Pierre réalise qu’il est sur le point de participer au premier trio de sa vie érotique. La présence d’Anne rendait tout un coup le passage à l’acte beaucoup moins oppressant que prévu. Se servaient-ils d’elle comme alibi sexuel ou leur bisexualité avouée, du moins suggérée, pouvait-elle s’affranchir de cette caution féminine ?

Anne écarte ses cuisses, sans fausse pudeur et promène un doigt sur ce triangle offert. Elle se caresse et dirige à distance nos préliminaires.

-    Deshabillez-vous, Axel, prend-le dans ta bouche, à ton tour Pierre, voila, comme ça, lentement !


Il obéit, sans rien dire, il se laisse guider par cette voix, ne prend aucune initiative et s’en remet aux ordres qui rythment sa progression en terre inconnue.


Par IDA - Publié dans : bisexualité
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Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /Nov /2009 13:18

Seul devant son saladier, Pierre rumine, normal, c’est de l’herbe après tout !

Il est en train de mesurer la frontière illusoire qui sépare les sexes, y compris à l’intérieur de chaque sexe. Féminin, hétéro, bi, lesbienne, Masculin, hétéro, bi, gay.

Quelle différence notable entre un gay et un bisexuel ?

Pierre plonge sa fourchette dans le saladier et poursuit sa transhumance intérieure. Se pouvait-il que ses amis aient finalement raison ! Un bi n’est qu’un gay refoulé ! Même si la phrase était jetée à l’emporte pièce, elle méritait cependant qu’on s’y attarde. Son attirance pour le sexe masculin ne cachait-elle pas simplement une erreur d’aiguillage ?

Les modèles comportementaux qui régissent la société sont à la fois simples et arbitraires. Aucune place pour la nuance, le bémol, cette petite marge personnelle qui permet de se mouvoir d’un espace sexué à un autre sans enfreindre une morale, tacite et globalisante.

Pierre rembobine ses souvenirs, traque l’indice, la faille, cette piste qui le mènerait clairement sur les traces d’une homosexualité refoulée. Il a beau retourner un à un les Gigaoctets de sa mémoire, il ne trouve rien, si ce n’est un goût prononcé pour les sorties entre copains, de là à dire qu’il était gay, une conclusion escamotée, fin de l’enquête.

Plus tard dans la soirée, il décide de retourner à la supérette dès le lendemain, espérant qu’Axel s’y trouvera bien, il tentera sa chance, pas vraiment certain que ça soit une bonne idée, pourtant, à défaut d’autre stratégie, il s’endort, contenant une furieuse envie de se masturber. Pourquoi se retenait-il ? Ne trouvant aucune explication plausible, il finit par trouver le sommeil.

 

Le rayon des fruits et légumes, ses tomates, quelques salades en fin de vie, un assortiment de choux fleurs et toujours pas d’Axel en vue. Pierre promène son caddie comme une âme en peine, fait une halte aux surgelés puis retourne sur ses pas. Il se trouve stupide, grotesque même, pourtant, il s’en rend compte, à aucun moment il n’éprouve un sentiment de culpabilité vis à vis de Marie. Quels mécanismes s’étaient donc enclenchés au cours de cette nuit, pour qu’il puisse envisager une relation bisexuelle sans entrevoir le spectre rédempteur de la morale conventionnelle ?

Près d’une heure s’est écoulée depuis son arrivée dans la supérette. Pierre, en désespoir de cause, attrape une pizza surgelée et se dirige vers la caisse.

-         Décidément, vous êtes pire qu’un enfant, il faut vous surveiller comme le lait sur le feu !

Axel lui barre le chemin en mettant son caddie en travers de l’allée. Depuis combien de temps était-il là ? Pierre sent qu’il rougit, il ne peut l’empêcher, tout comme cette montée de désir qui s’affranchit des interdits ancestraux.

 

Par IDA - Publié dans : bisexualité
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Vendredi 6 novembre 2009 5 06 /11 /Nov /2009 17:04

Pierre a ses habitudes dans une supérette du quartier, à quelques encablures de la place Castellane. La clientèle est variée, plutôt âgée, même si de nos jours, il devenait difficile de donner un âge à quelqu’un. Marie absente pour quelques jours, il devait se résoudre aux plats surgelés, abandonnant non sans quelques regrets, hachis Parmentier et autres préparations qu’elle maîtrisait parfaitement. La bonne bouffe comme métaphore sexuelle, Pierre y pensait lorsqu’il comparait les sensations que procuraient les deux activités. Pourtant, les similitudes avaient cet arrière goût de feint intellectualisme, pinaillage anthropique qui ne menait nulle part, si ce n’est dans un cul de sac neuronal.

Pizza surgelée ou frittes just au four, choix Cornélien qu’il était en passe d’abandonner lorsque, tenant dans chaque main le dîner potentiel, une voix grave introduisit une nouvelle possibilité.

-         A votre place, je ne toucherai pas à ces saloperies ! Essayez donc une salade, vous serez en meilleure compagnie !

L’homme, fort bien de sa personne au demeurant, arrêta son caddie devant le mien, prit une pizza, la retourna et m’énuméra la liste des ingrédients. La litanie sonnait davantage comme une mise à mort programmée par les grands groupes agroalimentaires.

-         Si vous voulez, je peux vous aider à choisir quelques légumes !

-         Célibataire ? demanda Pierre

-         Endurcit ! et vous ?

-         Pour une semaine seulement !

-         Considérez ma démarche comme une contribution au syndrome de l’assiette vide !

 

Il est pas mal du tout, se dit Pierre, un beau mec, bien dans ses pompes, pas comme moi !

Axel se penche et attrape deux tomates, un poivron, une salade de belle taille.

-         Avec ça, vous avez de quoi manger ce soir !

-         J’imagine qu’un pot de Häagen-Dazs est superflu !

-         Essayez un sorbet, avec un doigt de vodka, ça peut aller loin !

 

Devait-il interpréter cette dernière remarque comme une invitation ou bien sa frustration l’emmenait-elle au delà du raisonnable. Pas vraiment certain qu’une rencontre fortuite comblerait ses abîmes fantasmatiques, Pierre serra la main d’Axel devant la supérette, le remerciant de son aide, à peine osa t-il lancer un «  à bientôt » lorsqu’ils se séparèrent…… 

Par IDA - Publié dans : bisexualité
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Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /Nov /2009 16:30

A chaque fantasme une nouvelle...



Pierre a des envies, ça le turlupine depuis des années, mais sans cesse a t-il repoussé la frontière à ne pas dépasser, refoulé des pulsions qu’il pensait, au mieux malsaines, aux pire déviantes. Alors il biaise et s’accorde quelques idées impures en contemplant l’objet du délit.

Il lutte et cependant ne peut s’empêcher d’envisager son avenir sans un coup de canif au contrat. Les clauses sont strictes et compartimentées, peu d’échappatoires, tout y est blanc, noir, voire rose, mais le nuancier reste limité. A peine se sent-il la force de transgresser la règle qu’une avalanche dogmatique lui tombe sur le râble. Il pèse le pour et le contre, ange et démon sur chacune des épaules, l’un invite, l’autre désapprouve, vas-y, éclate-toi, non, c’est un pêché !

Alors Pierre reste frustré et se contente du minimum syndical, espérant mieux, redoutant que cela n’arrive jamais. A quoi bon partager tout cela avec sa compagne, comprendrait-elle sa démarche, ce désir irrépressible ? Non, bien au contraire, se trouverait-il rapidement confronté, soit à des yeux ronds, soit à une main dressée prête à s’abattre sur son visage.

Marie est une belle plante, la quarantaine radieuse comme diraient les hebdomadaires féminins, emploi stable, coquette, facebookée, twitée, bien dans son époque et son corps. Le sexe n’est pas franchement sa priorité, la maternité encore moins, elle lui fait l’amour une fois par semaine, comme elle l’entend, lumière tamisée et missionnaire, rien de bien folichon, mais du moins consacre t-elle quelques minutes au nécessaire fonctionnement de son appareil génital.

Pierre suggère, s’y prend sans doute mal, laisse traîner un magasine, page ouverte sur un article traitant de la bisexualité masculine, fait mine de s’y intéresser, développe un discours pseudo psychanalytique mais rien n’y fait, d’une moue indéchiffrable, Marie rejette ce genre de discussion, perte de temps semble t-elle penser, perte de temps ou absurdité physiologique.

Peut-être est t-elle dans le vrai, et si tout ceci n’était qu’une pulsion dénaturée, bâtarde, un rite salasse auquel s’adonnaient de pauvres pervertis en mal de débauches, ronde paillarde autour d’un bûcher des vanités honteuses et contre nature.

Pierre ne désarme pas et discute avec des amis à la terrasse d’un café. Il lance le sujet, à la dérobée, l’air de ne pas y toucher, il lance sa ligne et le poisson mord, devrait-il plutôt dire que les piranhas attaquent. Quoi, coucher avec un mec ! Mais où t’as lu ça toi ? Ils sont bien cons ces journalistes ! T’es homo ou hétéro, point barre, les bi c’est qu’un ramassis de gays refoulés !

Il sait au moins à quoi s’en tenir, la discussion est close, n’en parlons plus.

L’occasion fait le larron, encore faut-il qu’il soit sexuellement compatible............


Episode 2 à suivre dès demain !




Par IDA - Publié dans : bisexualité
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