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IDA....L'ACCOMPAGNATRICE
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Felix Ruckert, animateur du stage « BDSM, l'art de jouer » est un chorégraphe allemand qui utilise les outils du BDSM (bondage et discipline, domination et soumission, sadomasochisme) dans la danse depuis une quinzaine d'années. Le corps et ses mouvements constituent son terrain d'exploration. Danser avec des contraintes aussi.
En commençant à concevoir des stages pour apprendre à « jouer le BDSM », il élargit sa démarche de danseur à une population différente et vise trois objectifs :
Souvent, explique Felix, les personnes socialement soumises (ou trop soumises à leur goût que ce soit à un chef abusif ou autre) apprécient de pouvoir « enfin » dominer quelque chose de sa vie. Inversement, les personnes qui ont des hautes responsabilités savourent les moments d'abandon entre les mains d'un dominant éventuellement sadique mais bien intentionné.
Les stages ne se ressemblent pas tous mais ils ont en commun que chacun peut aller jusqu'où il le souhaite et s'arrêter à tout moment (si la plupart des témoignages de stagiaires sont très positifs, l'un d'entre eux n'est pas resté jusqu'au bout -peut-être effectivement pour éviter les embouteillages, mais peut-être pas).
Les stages ont en commun d'explorer les questions de genre et le rapport au corps. Ainsi, Felix Ruckert expliquait qu'il était nécessaire que les personnes présentes assument une part minimale d'homosexualité, les exercices pouvant avoir lieu indifféremment entre hommes, entre femmes ou en couple mixte.
Notre animateur, lors d'un autre stage, avait proposé une expérience intéressante sur la question. Il avait demandé à six personnes de rester assises les yeux bandés (donc d'être « passives ») tandis que six autres (les « personnes actives ») viendraient les toucher.
Les personnes qui avaient les yeux bandés devaient mémoriser qui les avait touchées
et combien de fois.
En fait, les personnes actives avaient été réparties à raison d'une seule par personne passive, et devaient effectuer les « touchers féminins » et des « touchers
masculins ».
Les personnes passives se sont toutes laissées prendre, puisque aucune n'a pensé avoir été touchée par une seule personne, et toutes ont dit des choses farfelues comme « il y a d'abord eu deux hommes, puis une femme »…
Ça laisse songeur sur tous ces hommes ou toutes ces femmes qui ne supportent pas d'être touchés par quelqu'un du même sexe qu'eux (nonobstant la question du désir). Suite à ces exercices, un participant avoue « avoir gagné en tolérance », notamment sur ce qu'il qualifie de « bi-sensualité ».
Pour autant, dans l'ensemble, le stage était très technique, et s'intéressait surtout au rapport au corps mais certains sont
plus axés sur les jeux de domination/soumission… ou d'autres sont plus dansés, et d'ailleurs certaines de ses chorégraphies emmenaient les spectateurs dans de vraies expériences sensorielles
…
D'où probablement une confusion chez plusieurs stagiaires. L'une d'elles témoigne :
« Croyant participer à un stage de danse, j'ai revu l'intitulé, pour qualifier
ces trois jours de pur bonheur en stage d'expression corporelle (pour ma mère et mes collègues) ou stage de sport extrême (pour celui qui m'a vu nue ensuite). »
Une expérience à la frontière donc, comme Felix Ruckert les affectionne et comme il
en propose régulièrement chez lui à Berlin
au travers d'ateliers qu'il anime ou qu'il héberge. Une frontière où le corps, la danse, la sexualité, le jeu le rapport aux autres prennent place dans un tout.
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