Samedi 27 février 2010
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Combien de fois n'ais-je entendu cette phrase à la fin d'une séance !
Ne rêvons pas, la tendance serait plutôt au déremboursement et la prise en charge d'une thérapie Bdsm n'est pas pour demain ! Pourtant, face aux mécanismes sado-masochistes d'une société où la
loi du plus fort est érigée en maître étalon, les plus faibles y trouvent matière à se surpasser et les puissants abandonnent le temps d'une séance leurs prérogatives sociales et hiérarchiques,
un sas de décompression, pour les uns, un brainstorming pour les autres.
Evacuée toute notion de sexe, puisqu'une dominatrice ne se touche que du regard, une nouvelle cartographie intérieure se fait jour. La douleur et le plaisir changent de polarité, c'est ainsi
qu'une souffrance pourra naître d'une absence de douleur.
Evidemment, les clichés persistent, ils ont la peau dure et les dents longues. Certains ne voient dans ces pratiques qu'une perversion, malsaine, tordue et relevant de la psychiatrie ! C'est bien
mal connaître cet univers que l'on situe trop facilement du côté d'épinal, vous savez, ces images fourre tout, consensuelles et vides de sens.
Le SM n'est en réalité qu'une théatralisation des failles qui font leur lit dans les inégalités, qu'elles soient sociales, physiques ou psychiques. La représentation de la " fouetteuse", cliché
si souvent utilisé pour illustrer le métier de dominatrice, est non seulement une insulte mais aussi et surtout une ignorance flagrante des mécanismes à l'oeuvre lors d'une séance. Les mots
sont bien plus efficaces que n'importe quel accessoire, encore faut-il s'en servir à bon escient ! C'est pour cette raison que j'entretiens une relation "émailstolaire" avec un grand nombre de
clients, les liens ne se rompent pas, quand bien même leurs visites sont espacées dans le temps.
Oublions donc les phrases toutes faites et concentrons-nous sur les véritables enjeux d'une connaissance appronfondie du corps et des limites que peut envisager l'esprit humain. En parlant de
nouvelles frontières, le SM renvoie google maps aux parchemins d'antan, reléguant du même coup le gps au musée d'histoire ancienne. Le " patient" SM est un explorateur, la dominatrice un guide
chevronné, ensemble ils découvrent de nouveaux territoires, un monde intérieur éclairant d'un jour nouveau le quotidien et ses contraintes.
Le sadomasochisme reste de toute façon une appellation stupide et réductrice. Dans nos pratiques, point de sadiques ni de masochistes, seulement des êtres en quète de liberté et d'épanouissement
personnel.
Par IDA
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Publié dans : Société
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