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IDA....L'ACCOMPAGNATRICE
TOUT CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR SUR VOS
FANTASMES
SANS JAMAIS OSER LE DEMANDER
!
Il y a cette vieille connaissance qui habitait jadis Mazan. Un homme, marquis de son état, son fantôme rôde encore dans les ruelles qui mènent à la petite place entourée de platanes. Je l'ai souvent croisé pendant toutes ces années, présence diaphane d'un souvenir, mémoire collective de la transgression et du rite qui l'accompagne. Peut-être descendit-il les coteaux caillouteux de Chateauneuf du Pape, galets ocres rougissant au soleil, la terre ne ment pas ici, tout se mérite, même le vin. Le Mont Ventoux, tête chauve et coulées végétales qui redescendent en boucles jusqu'à la plaine. J'imagine le marquis arpentant ses forêts, un bout de bois en guise de cane, cherchant quel autre usage il pourrait lui donner dans d'autres circonstances.
Il en va de ces noms de villages comme autant d'hymne à l'ivresse, la belle, la véritable sensation de communier avec cette terre d'où je tire mes racines. Sablet, Seguret, Rasteau, Gigondas, Beaumes de Venise, le Vaucluse se berce d'appellations contrôlées par le divin Bacchus. Il lève rageusement sa coupe tout en haut des dentelles de Montmirail et contemple son travail, « Dites-moi Marquis, ne trouvez-vous pas mon œuvre sublime ! »
A l'heure où les floraisons musicales vont étendre leurs cortèges entre les ceps noueux de la vallée, juste avant que ne retentissent les premières vocalises des chorégies, et que les troupes n'envahissent les rues d'Avignon dans un joyeux tintamarre, je prends le temps d'apprécier tout ceci, je veux dire cette région que j'aime tant, son passé, le mien , le notre et les quelques rares endroits que je ne connais pas encore.
Roussillon, j'y reviens toujours, pieds nus dans le sable ocre, traversant ce décors de western, une halte devant ce fameux rocher phallique, un pied de nez au puritanisme, oui, même la nature y pense, malgré elle.
J'ai en tête mille couleurs, autant de parfums, celui de la lavande, bien sûr, Sault et ses vagues bleues qui dansent au fond de la vallée. Et lorsque, tout en haut du Ventoux, je plonge mon regard dans cette immensité offerte, le Marquis me chuchote à l'oreille, « Très chère, sommes-nous bien peu de choses face à ce chaos merveilleux ! »
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